jeudi 3 septembre 2026

Étoile de Cavaillon : histoire du polyèdre de la place Gambetta

 

Étoile de Cavaillon : histoire du polyèdre de la place GambettaUne photographie partagée comme « Cavaillon 1964 – La place Gambetta » montre un décor que des générations de Cavaillonnais ont immédiatement reconnu.

Au centre se trouve cette étrange sculpture géométrique que presque personne n'appelait par son véritable nom.

Pour les habitants, c'était tout simplement :

« l'Étoile ».

Installée à la fin de l'année 1959, elle restera au cœur de la place Gambetta pendant plus d'un demi-siècle. On se donnait rendez-vous devant elle, les cortèges passaient autour d'elle, elle apparaissait sur les cartes postales et certains commerces finirent même par reprendre son nom.

Puis, en 2013, elle fut retirée de la place et transférée au carrefour Bellevue.

Mais pour comprendre pourquoi ce déplacement provoqua autant d'émotion, il faut remonter bien avant les années 1960.

Pourquoi la place Gambetta est-elle devenue un lieu central de Cavaillon ?

L'actuelle place Gambetta occupe depuis longtemps un emplacement stratégique de Cavaillon.

Au Moyen Âge, le secteur de la porte de la Couronne constituait l'un des principaux accès à la ville fortifiée. Une vaste esplanade s'étendait devant la porte et accueillit progressivement auberges et cafés.

Au XIXe siècle, sa situation au croisement des routes venant d'Avignon, de Marseille et du Luberon en fait un lieu privilégié pour les rassemblements, les marchés et les manifestations publiques.

La place prend officiellement le nom de Léon Gambetta en 1891.

Et cette appellation trouve son origine dans un épisode mouvementé de l'histoire politique locale.

En 1876, Léon Gambetta connaît une visite mouvementée à Cavaillon

Le 17 février 1876, Léon Gambetta se trouve à Cavaillon dans le contexte des élections législatives.

Sa visite tourne mal.

Les documents de l'Inventaire général du patrimoine rappellent même qu'un monument sera plus tard élevé en réparation de l'attentat commis contre lui lors de ce passage à Cavaillon.

L'épisode laisse une trace suffisamment forte pour que les républicains cavaillonnais souhaitent honorer Gambetta.

Mais le projet va prendre des années.

En 1907, un grand monument à Gambetta est inauguré sur la place

Après plusieurs tentatives et une longue recherche de financement, le monument est finalement achevé.

Il est inauguré le 4 septembre 1907, date anniversaire de la proclamation de la IIIe République.

L'ensemble est imposant.

Il comprend un grand socle de pierre, le buste de Léon Gambetta et une figure allégorique féminine en bronze représentant la République.

Le sculpteur est Félix Charpentier et l'architecte départemental Tourtet.

Avant l'Étoile, c'est donc Gambetta qui domine réellement le centre de la place.

En 1932, le monument Gambetta est déjà déplacé

La transformation de la place ne commence pas dans les années 2000.

Dès 1932, la circulation impose de repenser son aménagement.

Un projet de l'architecte Olagnier prévoit l'élargissement de la place et le monument est déplacé vers son extrémité sud.

Le gigantesque socle disparaît alors en grande partie et le buste de Gambetta se retrouve installé sur une stèle beaucoup plus modeste.

Puis vient la Seconde Guerre mondiale.

La figure de bronze accompagnant Gambetta est victime des réquisitions de métaux en 1943.

Après-guerre, le centre de la place est donc disponible pour un tout nouveau projet.

Et celui-ci va être radicalement différent.

En 1956, Cavaillon imagine une fontaine très moderne

À cette époque, le maire de Cavaillon est Fleury Mitifiot.

Pour aménager le nouveau rond-point, il souhaite créer une grande fontaine.

L'architecte marseillais Philippe Guidoni propose en 1956 quelque chose de particulièrement audacieux :

Un polyèdre étoilé

La forme géométrique rappelle les polyèdres associés à Pythagore et devait symboliser :

la pureté, l'harmonie, l'équilibre et la juste mesure.

Pour une petite ville provençale des années 1950, le choix est résolument moderne.

En 1959, le polyèdre devient l'Étoile de Cavaillon

À l'origine, Philippe Guidoni imagine une sculpture réalisée en verre trempé.

Mais la réalisation se révèle trop difficile et trop coûteuse.

Le projet est donc modifié.

La sculpture est finalement réalisée en bronze par la fonderie marseillaise Roure et installée à la fin de l'année 1959.

C'est elle que les Cavaillonnais vont bientôt appeler :

L'ÉTOILE.

Le catalogue historique publié par la Ville de Cavaillon situe également le polyèdre autour de 1960 et le décrit comme la sculpture dominant la fontaine de la place Gambetta.

L'Étoile n'était pas seule au milieu d'un rond-point

C'est un détail important, car lorsque l'on voit aujourd'hui le polyèdre isolé sur son nouvel emplacement, on ne comprend plus forcément la composition d'origine.

Le polyèdre se trouvait au milieu d'une véritable fontaine.

Autour de la sculpture :

de l'eau,

des jets,

des fleurs,

une jardinière circulaire,

et une calade de galets représentant des vagues.

Des galets gris formaient les vagues tandis que les galets blancs figuraient le fond.

Certains souvenirs reviennent d'ailleurs précisément sur cette association entre le polyèdre, l'eau et les fleurs.

Autrement dit, l'Étoile n'avait pas été conçue comme une sculpture posée seule sur un socle.

Elle faisait partie d'un décor complet.

En 1964, l'Étoile est encore presque neuve

La photographie partagée est donnée comme datant de 1964.

Si cette datation est exacte, l'Étoile n'a alors que quatre ou cinq ans.

Elle est donc encore un élément relativement nouveau du paysage cavaillonnais.

Mais le succès semble avoir été rapide.

Un habitant arrivé à Cavaillon en 1969 raconte ainsi avoir été immédiatement émerveillé par le polyèdre. Il se souvient également d'un bazar situé en face, avec ses jouets.

C'est précisément là que les souvenirs deviennent intéressants.

Car derrière l'Étoile apparaissent progressivement les commerces et les habitudes quotidiennes de la place.

Quels commerces entouraient la place Gambetta dans les années 1950 et 1960 ?

Une vue aérienne conservée et publiée par la Ville de Cavaillon, datée d'environ 1955, permet de mettre des noms sur plusieurs bâtiments.

On y reconnaît notamment :

la Société Générale ;
le café de la Fourmi ;
l'entrée de l'Hôtel Moderne ;
les Dames de France ;
le Grand Café d'Orient ;
le cinéma Palace ;
la Banque de France ;
et la Cigale.

Cette photographie municipale est antérieure d'environ une décennie au cliché présenté comme datant de 1964, mais elle permet de comprendre l'environnement commercial dans lequel le futur rond-point de l'Étoile est apparu.

Le café de la Fourmi est resté dans les souvenirs

Le nom de la Fourmi réapparaît encore dans les souvenirs.

Une personne demande ce qu'est devenu le bar, tandis que d'autres indiquent que l'établissement aurait changé de nom.

La présence historique du café de la Fourmi à cet endroit est, elle, confirmée par la documentation municipale.

Le Moderne réapparaît lui aussi dans la mémoire locale

Un autre habitant se souvient avec précision du Bar ou Hôtel Moderne et évoque même son parrain, qui aurait tenu l'établissement.

Ce dernier détail demeure un témoignage familial à vérifier, mais l'existence de l'Hôtel Moderne autour de la place est bien attestée par les archives municipales.

Une photographie ancienne peut ainsi faire ressurgir bien plus que des bâtiments :

elle fait revenir les noms des personnes qui les faisaient vivre.

L'Étoile devient un véritable point de rendez-vous à Cavaillon

C'est probablement l'information la plus importante apportée par les souvenirs des habitants.

L'Étoile n'était pas seulement :

une fontaine,

une sculpture,

ou un rond-point.

Elle servait de point de rendez-vous.

Une Cavaillonnaise se souvient :

« C'était notre point de rendez-vous quand on était jeune, on se rejoignait à l'Étoile. »

Difficile de trouver meilleure explication à l'attachement qui subsiste aujourd'hui.

Quand quelqu'un disait :

« On se retrouve à l'Étoile »,

il n'était pas nécessaire de préciser l'adresse.

Tout le monde savait où aller.

L'Étoile devient même plus célèbre que le nom officiel de la place

Le phénomène est assez amusant.

Officiellement, il s'agit toujours de la place Léon-Gambetta.

Mais dans le langage courant, la sculpture finit pratiquement par rebaptiser le lieu.

On parle :

du rond-point de l'Étoile,

de la place de l'Étoile,

ou simplement :

de l'Étoile.

Un témoignage résume très bien ce phénomène : à cette époque, lorsque quelqu'un parlait de « l'Étoile à Cavaillon », l'expression possédait immédiatement une signification précise.

Certains visiteurs l'appelaient même « le hérisson »

Le polyèdre ne plaisait pourtant pas à tout le monde.

Son architecture extrêmement moderne provoquait déjà des commentaires.

Fleury Mitifiot racontera beaucoup plus tard que certains visiteurs allemands utilisaient le terme « Stern », étoile en allemand, tandis que d'autres surnommaient la sculpture :

« le Hérisson ».

L'ancien maire répondait avec humour que cela signifiait en quelque sorte :

qui s'y frotte s'y pique.

La polémique sur son esthétique n'est donc pas née en 2013.

Elle existe pratiquement depuis son installation.

Une sculpture présente sur les cartes postales de Cavaillon

Avec les années, pourtant, le polyèdre devient indissociable de l'image de la ville.

Un habitant se rappelle qu'il figurait sur de nombreuses cartes postales et même dans une publicité de la Caisse d'Épargne.

Une autre personne explique posséder encore aujourd'hui une carte postale de la place avec l'Étoile.

C'est révélateur.

Une œuvre d'art moderne qui avait pu surprendre lors de son installation était devenue, quelques décennies plus tard, un symbole de Cavaillon.

Corso, fête du melon et victoires sportives : on se retrouvait autour de l'Étoile

La place ne servait pas seulement à la circulation automobile.

Selon l'histoire locale publiée à partir des Archives municipales, l'Étoile était régulièrement investie lors des grandes manifestations cavaillonnaises :

le Corso,
la fête du melon,
les célébrations sportives
et les rassemblements populaires.

Voilà pourquoi un simple rond-point peut devenir beaucoup plus important qu'il n'en a l'air.

Les habitants n'étaient pas attachés uniquement au bronze.

Ils étaient attachés à ce qui s'était passé autour.

Pendant plus de cinquante ans, la place Gambetta et l'Étoile ne font presque plus qu'un

Les décennies passent.

Les voitures changent.

Les magasins changent.

Les immeubles apparaissent.

Mais le polyèdre reste.

Une publication officielle de la Ville montrant le centre de Cavaillon dans les années 1990 présente toujours le rond-point de l'Étoile et sa fontaine comme l'un des éléments immédiatement reconnaissables du centre ancien.

Entre son installation en 1959 et son départ en 2013, il aura ainsi passé plus d'un demi-siècle au même endroit.

Pour plusieurs générations, Cavaillon sans l'Étoile à Gambetta était tout simplement difficile à imaginer.

En février 2013, l'Étoile disparaît de la place Gambetta

Puis vient la grande transformation.

Dans le cadre du réaménagement de la place, le polyèdre est retiré en février 2013.

L'opération provoque immédiatement de nombreuses réactions.

Dans les souvenirs recueillis, plusieurs habitants racontent même s'être réveillés un matin et avoir découvert que l'Étoile n'était plus là.

Certains témoignages affirment que le retrait se serait déroulé très tôt le matin et utilisent encore aujourd'hui des mots extrêmement sévères pour évoquer la décision.

Ces précisions relèvent cependant de souvenirs et d'opinions d'habitants : je ne les présenterais pas comme une chronologie officielle sans document municipal supplémentaire.

Une chose est en revanche certaine :

LE DÉPLACEMENT A PROVOQUÉ UNE FORTE NOSTALGIE.

L'Étoile n'a pas été détruite

C'est important de le préciser.

Contrairement à d'autres monuments disparus dont nous avons raconté l'histoire, le polyèdre de Cavaillon existe toujours.

En mars 2013, Le Dauphiné Libéré annonce que l'Étoile doit être réinstallée au rond-point de Bellevue, légèrement plus loin que son emplacement historique.

C'est là qu'elle se trouve depuis.

Un témoignage local la situe encore aujourd'hui dans le secteur du pont proche de Super U et regrette surtout qu'elle soit, selon son auteur, moins mise en valeur qu'autrefois.

Le sentiment revient régulièrement :

ce n'est pas l'Étoile elle-même qui a disparu, c'est son contexte.

Pourquoi l'Étoile paraît-elle différente à Bellevue ?

Sur la place Gambetta, l'Étoile appartenait à une composition.

Il y avait :

la fontaine,

les jets d'eau,

les fleurs,

la calade,

les bâtiments,

les cafés,

les passants,

les voitures,

et surtout des décennies de souvenirs.

À Bellevue, la même sculpture est placée sur un autre socle, dans un autre environnement.

C'est probablement ce qui explique cette réaction d'une Cavaillonnaise :

elle est toujours là…

mais on n'y fait plus attention de la même manière.

Un monument peut donc rester intact matériellement tout en perdre une partie de sa signification lorsqu'on le change d'emplacement.

La place Gambetta a elle aussi complètement changé en 2013

Le départ du polyèdre accompagne une réorganisation plus vaste de la place.

Le Dauphiné Libéré rappelle que les travaux de 2013 ont profondément réaménagé les lieux et remis notamment davantage en valeur le buste de Gambetta.

La place est aujourd'hui beaucoup plus minérale et organisée différemment.

Mais elle reste un espace central de Cavaillon.

Un document municipal récent la décrit encore comme un carrefour des principaux axes commerçants et comme le point de départ de la rue de la République, l'un des axes structurants du centre ancien.

Et la Ville continue d'y organiser concerts, bals et grandes manifestations.

Était-ce vraiment mieux avant ?

Les photographies anciennes produisent presque toujours le même phénomène.

Pour beaucoup, elles réveillent immédiatement la nostalgie.

L'Étoile est qualifiée de « fierté de Cavaillon », de « joyau » ou de symbole de la jeunesse.

Mais tout le monde n'est pas du même avis.

Certains habitants rappellent que l'appréciation esthétique reste subjective.

D'autres préfèrent le Cavaillon actuel et estiment que l'on ne peut pas attribuer toutes les difficultés du centre-ville à la transformation de la place.

C'est probablement la meilleure manière de regarder ces photographies :

sans prétendre que tout était forcément mieux avant, mais sans oublier ce qui a été perdu.

Ce que les archives ne peuvent pas raconter

Les archives peuvent nous donner :

1876, 1891, 1907, 1932, 1956, 1959, 1964, 2013.

Elles permettent de retrouver Gambetta, Fleury Mitifiot, Philippe Guidoni, la fonderie Roure et les grands réaménagements successifs.

Mais elles racontent moins bien :

le jeune arrivé à Cavaillon en 1969 qui reste émerveillé devant le polyèdre et se souvient encore du bazar aux jouets situé en face ;

les Cavaillonnais qui disaient simplement :

« On se retrouve à l'Étoile » ;

les habitants qui se rappellent encore l'association de l'eau, des fleurs et du polyèdre ;

la personne qui possède toujours dans ses affaires la carte postale de l'Étoile ;

ou l'habitant qui se souvient du Moderne parce que son propre parrain y travaillait.

Pour l'historien, l'Étoile est une sculpture de bronze installée en 1959.

Pour quelqu'un qui avait quinze ans à Cavaillon dans les années 1960…

elle peut être l'endroit où il retrouvait ses copains le samedi après-midi.

Et cette différence change complètement la manière de regarder une vieille photographie.

L'Étoile de Cavaillon est devenue un monument de la mémoire locale

L'histoire de l'Étoile est finalement assez étonnante.

Lorsqu'elle apparaît en 1959, elle est une œuvre résolument moderne, suffisamment étrange pour être surnommée « le Hérisson ».

Quelques décennies plus tard, elle est devenue tellement familière que la place Gambetta elle-même est communément appelée :

la place de l'Étoile.

Puis on la déplace.

Et soudain, les Cavaillonnais réalisent à quel point elle faisait partie de leur paysage quotidien.

Elle existe toujours.

Elle n'a pas été fondue.

Elle n'a pas été détruite.

Mais pour beaucoup d'anciens habitants, son véritable emplacement restera toujours la place Gambetta.

C'est peut-être pour cela qu'une photographie de 1964 provoque encore autant de réactions soixante ans plus tard.

On n'y voit pas simplement un rond-point.

On y voit :

le lieu où l'on se retrouvait.


3. QUESTIONS AUX LECTEURS

Qui se donnait rendez-vous « à l'Étoile » dans les années 1960, 1970 ou 1980 ?

Qui se souvient du café de la Fourmi, du Moderne, du bazar aux jouets ou d'autres commerces autour de la place Gambetta ?

Quelqu'un possède-t-il une carte postale, une publicité ou une photographie familiale prise devant le polyèdre ?

Et si la décision vous appartenait aujourd'hui : remettriez-vous l'Étoile sur la place Gambetta ou la laisseriez-vous à Bellevue ?

4. SOURCES DOCUMENTAIRES

Région Sud – Inventaire général du patrimoine culturel, dossier du monument à Gambetta : visite de Gambetta en 1876, érection du monument en 1907 et déplacement en 1932.

Ville de Cavaillon – Archives municipales, catalogue « Cavaillon vu du ciel » : identification des commerces autour de la place vers 1955 et photographie du rond-point de l'Étoile dans les années 1990.

Cavaillon Infos / Archives municipales, historique de la place Gambetta : projet de Philippe Guidoni en 1956, réalisation du polyèdre en bronze en 1959, fontaine, calade et rôle de l'Étoile dans les manifestations populaires.

Le Dauphiné Libéré, documentation sur le réaménagement de la place et le déplacement du polyèdre de Gambetta vers le rond-point de Bellevue en 2013.

Ville de Cavaillon, documents contemporains sur la place Gambetta et son rôle actuel dans le centre-ville.

5. MÉMOIRE LOCALE

Compléments issus de témoignages publics et de souvenirs familiaux recueillis auprès d’habitants.

Piscine Cassan à Avignon : les étés de la Barthelasse

 

Piscine Cassan à Avignon : les étés de la BarthelasseÀ quelques minutes seulement des remparts d’Avignon, sur l’île de la Barthelasse, des générations d’enfants ont connu un rituel presque immuable.

On arrivait à vélo ou avec les copains.

On payait son entrée à M. Cassan, souvent lui-même derrière la caisse.

On déposait ses affaires au vestiaire.

On accrochait parfois au maillot une petite médaille en fer-blanc correspondant à son vestiaire.

On passait les pieds dans le pédiluve.

Puis venait le moment redouté :

ENTRER DANS UNE EAU DONT TOUS OU PRESQUE SE SOUVIENNENT QU’ELLE ÉTAIT GLACÉE ! 😮🏊

Et pourtant, on y retournait.

Certains y passaient leurs journées.

D’autres leurs vacances.

Certains y ont appris à nager.

Des parents y emmenaient leurs quatre enfants et pique-niquaient sur place.

Et plusieurs Avignonnais racontent aujourd’hui qu’ils y ont passé une bonne partie de leur enfance.

Mais l’histoire officielle ne raconte pas tout.

Elle ne dit pas que l’odeur des hot-dogs se mélangeait à celle des vestiaires.

Elle ne raconte pas les enfants arrivant avec quelques francs serrés dans la main.

Elle ne dit pas que M. Cassan était également hautboïste et professeur de musique, et qu’un de ses élèves allait devenir l’un des grands noms français du hautbois.

Elle ne raconte pas non plus cette cigarette que les anciens semblent presque tous revoir au coin de ses lèvres.

Et surtout, elle ne dit pas qu’après toutes ces décennies…

LA PISCINE EXISTE ENCORE.

Aujourd’hui, l’ancienne piscine Cassan est devenue La Palmeraie.



Avant Cassan, les nageurs avignonnais se baignaient… dans une ancienne gravière

L’histoire commence avant même la piscine de la Barthelasse.

En 1934, des passionnés créent le Club Sportif Nautique d’Avignon.

Mais ils ne disposent pas encore d’une véritable piscine.

Leur terrain d’entraînement est alors l’actuel étang de Saint-Chamand, une ancienne gravière creusée pour fournir du ballast à la ligne ferroviaire Avignon-Cavaillon.

Le bassin est aménagé avec l’aide du 7e Génie.

Autrement dit, avant de plonger dans un bassin carrelé…

LES PREMIERS NAGEURS AVIGNONNAIS S’ENTRAÎNAIENT DANS UNE ANCIENNE CARRIÈRE REMPLIE D’EAU.

En décembre 1945 apparaît M. Cassan

Le véritable tournant survient après la guerre.

En décembre 1945, M. Cassan prend la présidence du club.

Il lui donne également le nom que les Avignonnais connaissent encore aujourd’hui :

CERCLE DES NAGEURS D’AVIGNON.

Et surtout, il fait construire sur l’île de la Barthelasse la première véritable piscine du club, au pied du pont Daladier. Le Cercle des nageurs présente explicitement ce bassin comme l’ancêtre de l’actuelle Palmeraie.

Les sources ne donnent pas toutes exactement la même date pour l’ouverture : le Cercle situe le lancement de cette aventure à partir de 1945, tandis qu’un article consacré à la piscine historique date le site de 1948. Il est donc prudent de retenir une mise en place dans les toutes premières années de l’après-guerre.

Et ce « père Cassan » avait un prénom : Marien

Voilà un détail particulièrement intéressant.

Le M. Cassan dont parlent encore tant d’Avignonnais semble bien être Marien Cassan.

Né en 1911, il apparaît dans plusieurs sources consacrées à la musique avignonnaise comme professeur de hautbois au Conservatoire d’Avignon.

Et ce professeur a eu des élèves particulièrement remarquables.

Parmi eux se trouvait un jeune Avignonnais nommé :

JEAN-CLAUDE MALGOIRE.

Le futur hautboïste et chef d’orchestre Jean-Claude Malgoire découvre le hautbois dans la classe de Marien Cassan au Conservatoire d’Avignon.

Un autre grand hautboïste avignonnais, Maurice Bourgue, fut également formé par Cassan. Une source musicale provençale le décrit comme hautboïste de l’Orchestre municipal d’Avignon et professeur remarquable.

Voilà donc l’homme que beaucoup d’enfants voyaient simplement derrière le guichet de la piscine.

« Monsieur Cassan était musicien, hautboïste… et j’ai été son élève »

Et les souvenirs des Avignonnais confirment cette autre vie.

Un ancien élève raconte que M. Cassan était hautboïste à l’Opéra d’Avignon et professeur au Conservatoire :

« J’ai été son élève. »

Un autre se souvient encore de le croiser en ville :

AVEC SON ÉTUI À MUSIQUE.

Imaginez.

Le même homme pouvait être aperçu quelques heures plus tôt avec son hautbois…

puis derrière la caisse de la piscine de la Barthelasse.

Certains descendaient jusqu’à la piscine à pied depuis Bellevue

La piscine devient rapidement un véritable lieu de rendez-vous.

Un ancien camarade de l’un des fils Cassan raconte qu’ils descendaient parfois à pied depuis Bellevue pour rejoindre la Barthelasse.

Un autre ajoute même un détail minuscule mais délicieux :

« AVEC UNE BAGUETTE SOUS LE BRAS » 😄

C’est exactement le genre de scène qu’une archive administrative ne conservera jamais.

D’autres arrivaient à vélo… et ne repartaient que le soir

Pour de nombreux jeunes Avignonnais, le moyen de transport était plus simple :

LE VÉLO.

Un habitué raconte :

« J’y allais en vélo, j’y passais mes journées, à la piscine du père Cassan. »

Et plusieurs décennies plus tard, il résume encore ses vacances ainsi :

« Je passais mes étés à la piscine du père Cassan. »

Voilà ce qu’était vraiment cette piscine.

Pas seulement un bassin.

UN ENDROIT OÙ L’ON PASSAIT L’ÉTÉ.

L’eau ? Tout le monde ou presque se souvient qu’elle était froide !

S’il existe un souvenir qui revient constamment, c’est celui-là.

L’eau était froide.

Très froide.

Une personne se souvient que le bassin avec plongeoir restait froid même au mois de juillet.

Une autre répond :

« Chez Cassan ! L’eau y était froide mais ça ne m’a jamais gênée. »

Un témoignage du fichier ajoute qu’au printemps :

« l’eau n’était pas très chaude !!! »

Et les enfants du centre de loisirs qui y venaient encore dans les années 1980-1990 se rappellent eux aussi que, le matin, l’eau était froide.

Autrement dit, ce n’est pas seulement la nostalgie des années 1960.

LA FRAÎCHEUR DE L’EAU SEMBLE AVOIR ÉTÉ UNE VÉRITABLE TRADITION CASSAN. 😄

Le bassin avec plongeoir était l’une des grandes attractions

Le site n’était pas constitué d’un seul petit bassin.

La mémoire des habitants évoque notamment le bassin de plongeon, et le recensement des équipements sportifs conserve la trace de trois installations :

une piscine olympique,

une autre piscine,

et une fosse à plongeon.

Aujourd’hui encore, La Palmeraie possède trois bassins, dont un bassin olympique et une fosse équipée de plongeoirs de 3 et 5 mètres.

C’est donc l’un des éléments les plus remarquables de continuité entre la piscine des anciens et celle d’aujourd’hui.

Et un habitué affirme même avoir refait les cabines et le bar

Autre petit morceau d’histoire locale :

un homme raconte avoir personnellement travaillé sur le site :

« MOI J’Y AI REFAIT LES CABINES ET LE BAR. »

Nous n’avons pas la date de ces travaux.

Mais ce témoignage rappelle que le lieu n’est pas resté figé depuis l’après-guerre.

Il a évolué, été transformé et agrandi au fil des générations.

Puis venait le grand cérémonial des vestiaires

Et c’est peut-être ici que les souvenirs deviennent les plus extraordinaires.

Une ancienne habituée décrit pratiquement minute par minute son arrivée à la piscine.

Elle se souvient :

d’arriver dès l’ouverture ;

de tendre ses francs à M. Cassan, décrit comme impassible ;

de sentir l’odeur des hot-dogs ;

puis celle des vestiaires ;

de suspendre son chevalet garni ;

d’accrocher une petite médaille en fer-blanc à son maillot ;

puis de passer les pieds dans le pédiluve avant d’entrer dans l’eau.

Elle termine simplement :

« DES FRISSONS DE NOSTALGIE. »

Et une autre ancienne baigneuse lui répond :

« Jamais mangé d’aussi bons hot-dogs depuis ! »

Voilà probablement l’un des témoignages les plus précieux de toute cette histoire.

Parce qu’il restitue quelque chose qu’aucune photographie ne peut conserver :

LES ODEURS.

L’odeur des hot-dogs est restée dans les mémoires

C’est extraordinaire de constater ce que la mémoire retient.

On pourrait imaginer que les anciens se rappellent principalement les plongeoirs ou les bassins.

Bien sûr.

Mais certains se souviennent surtout…

DES HOT-DOGS. .

Une ancienne habituée affirme même n’en avoir jamais retrouvé d’aussi bons depuis.

On comprend alors que l’on ne venait pas uniquement pour faire quelques longueurs.

On pouvait véritablement passer la journée sur place.

Un autre témoignage confirme qu’on pouvait y manger et y passer de longues journées avec ses enfants.

On pouvait également pique-niquer

Pour certaines familles, la journée était organisée comme une véritable sortie.

Une mère se souvient d’y aller avec ses enfants et de pouvoir pique-niquer sur place.

Ce n’était donc pas :

« On va nager une heure. »

C’était plutôt :

« ON VA CHEZ CASSAN POUR LA JOURNÉE. »

Maillots, serviettes, repas, copains…

et retour le soir.

« Le père Cassan était à la caisse »

Et dans presque tous ces souvenirs apparaît le même personnage.

M. CASSAN.

Un habitant se rappelle qu’il était lui-même installé à la caisse.

Un autre décrit son éternelle cigarette.

Et là, les souvenirs divergent légèrement.

Pour certains, c’était une Gitane papier maïs.

Un autre se rappelle plutôt une Boyard, parfois éteinte, au coin de la bouche.

Impossible de trancher avec certitude entre ces deux souvenirs.

Mais tout le monde semble se rappeler la même silhouette :

CASSAN À L’ENTRÉE DE SA PISCINE, LA CIGARETTE AU COIN DES LÈVRES.

Dans les années 1980-1990, il comptait encore les enfants un par un

Le personnage apparaît encore dans des souvenirs bien plus récents.

Une ancienne animatrice ou accompagnatrice raconte qu’elle venait à la piscine avec les enfants de 4-5 ans du centre de loisirs de la Barthelasse dans les années 1980-1990.

M. Cassan les accueillait à l’entrée.

Et il faisait une chose assez amusante :

IL COMPTAIT LUI-MÊME LES ENFANTS.

Selon ce souvenir, il vérifiait ainsi que le nombre annoncé pour la facturation des entrées était le bon.

Des décennies après la création de la piscine, le patron surveillait donc encore personnellement sa caisse.

Pour beaucoup de petits Avignonnais, c’était LA sortie des vacances

Un témoignage résume probablement mieux que tous les autres la place occupée par Cassan dans la jeunesse avignonnaise.

Une habitante raconte que c’était :

la sortie des petits Avignonnais avec l’école, le collège, pendant les vacances, avec les copains, les voisins et les cousins.

Et elle ajoute quelque chose de très révélateur de l’époque :

les enfants ne venaient pas nécessairement avec leurs parents.

« On se gardait les uns les autres. »

C’était un autre rapport à la ville, aux déplacements des enfants et aux vacances.

Certains y sont venus avec le centre aéré dès les années 1970

La piscine est également liée au centre aéré de la Barthelasse.

Un ancien enfant raconte l’avoir fréquentée dans les années 1970-1975 et précise que le lieu correspond aujourd’hui à La Palmeraie.

Un autre précise :

« J’Y ÉTAIS EN 72. »

Ces souvenirs permettent de suivre la fréquentation du lieu sur plusieurs décennies.

Et certains faisaient partie du Cercle des nageurs d’Avignon

La piscine n’était évidemment pas seulement un lieu de loisirs.

Elle était intimement liée au Cercle des nageurs d’Avignon.

Un ancien baigneur se rappelle y venir régulièrement parce qu’il appartenait au CNA.

C’est particulièrement cohérent avec l’histoire officielle du club : c’est justement M. Cassan, devenu président en 1945, qui installe le Cercle sur la Barthelasse.

La piscine est donc à la fois :

un lieu familial,

un lieu de vacances,

et une véritable page de l’histoire de la natation sportive avignonnaise.

La piscine a même connu une dimension internationale

Un détail beaucoup moins connu apparaît dans une source consacrée aux Jeux sans frontières.

En 1970, des épreuves de l’émission européenne sont organisées dans le complexe de la Piscine Olympique des Arènes, sur la Barthelasse. La même source attribue à Marien Cassan la création du premier bassin en 1948 et une importante transformation du complexe en 1963.

Cette chronologie précise de 1963 repose toutefois sur cette source secondaire et mériterait d’être recoupée dans les archives municipales ou la presse locale.

Mais le passage des Jeux sans frontières montre à quel point le lieu avait dépassé le statut de simple piscine de quartier.

Une société d’exploitation est créée en 1958

Une autre trace documentaire apparaît dans les registres commerciaux.

La société Piscine Olympique des Arènes, exploitant notamment piscine, bar et restauration sur la Barthelasse, est enregistrée en 1958.

Elle existe toujours aujourd’hui sous le nom commercial La Palmeraie.

Et les anciens dirigeants recensés comprennent encore des membres de la famille Cassan, notamment Gérard Cassan, avant le changement de direction intervenu en 2006.

Cela confirme une continuité familiale du lieu sur plusieurs décennies.

En 2019, la piscine historique rouvre

L’histoire aurait pu s’arrêter.

Elle ne s’est pas arrêtée.

Après une période de fermeture, La Palmeraie rouvre en 2019.

En 2025, Le Dauphiné Libéré la décrivait encore comme une piscine historique d’Avignon, avec bassin olympique de 50 mètres, fosse aux plongeoirs de 3 et 5 mètres et bassin ludique.

Et en 2026, elle accueille toujours les baigneurs de juin à septembre.

Aujourd’hui encore, on peut nager « chez Cassan »

Évidemment, plus personne ne présente officiellement son billet au père Cassan.

Le nom actuel est :

LA PALMERAIE.

Mais le lieu est toujours là, au 135 allée Antoine-Pinay, sur l’île de la Barthelasse.

Il possède toujours trois bassins, dont un bassin olympique.

Il existe toujours une fosse de plongeon.

On peut toujours y passer la journée.

Et on peut toujours manger sur place.

Plus de soixante-dix ans après l’aventure commencée sous M. Cassan, les Avignonnais continuent donc à se baigner au même endroit.

Ce que les archives ne peuvent pas raconter

Les archives peuvent nous donner :

1934, 1945, 1948, 1958, 1970, 2019, 2026.

Elles nous racontent le Club Sportif Nautique, la naissance du Cercle des nageurs d’Avignon, la piscine de la Barthelasse et son évolution vers La Palmeraie.

Mais elles ne racontent pas :

les gamins qui arrivaient à vélo et y passaient toute leur journée ;

l’eau qui paraissait encore glacée en plein juillet ;

la petite médaille en fer-blanc accrochée au maillot ;

le pédiluve avant d’entrer dans l’eau ;

l’odeur des hot-dogs puis celle des vestiaires ;

les journées de pique-nique en famille ;

les enfants du centre aéré que Cassan recomptait lui-même à l’entrée ;

les jeunes descendant à pied depuis Bellevue ;

Cassan que l’on croisait en ville avec son étui à musique ;

la Gitane papier maïs — ou la Boyard selon les souvenirs — au coin de sa bouche ;

les enfants qui venaient avec les copains, les voisins ou les cousins et se surveillaient entre eux ;

ou cette phrase que tant d’Avignonnais pourraient aujourd’hui reprendre :

« J’Y AI PASSÉ MON ENFANCE. »

C’est pourtant avec ces petits détails que se construit la véritable mémoire d’une ville.

La piscine a changé de nom… mais pas vraiment dans la tête des anciens

Aujourd’hui, les guides touristiques écrivent La Palmeraie.

Les sites administratifs parlent de piscine olympique.

Les cartes donnent l’allée Antoine-Pinay.

Mais demandez à quelqu’un qui y passait ses vacances dans les années 1960 ou 1970…

Il y a de fortes chances qu’il vous réponde :

« CHEZ CASSAN. »

Parce qu’un lieu peut changer de nom.

Il peut changer de propriétaire.

Ses bassins peuvent être rénovés.

Le bar peut être refait.

Les plongeoirs peuvent évoluer.

Mais dans la mémoire d’un enfant qui arrivait avec son vélo, quelques francs et son maillot sous le bras…

ce sera toujours la piscine du père Cassan.


QUESTIONS AUX LECTEURS

Qui allait à la piscine Cassan à vélo et y passait toute la journée ?

Qui se souvient de M. Cassan derrière sa caisse, avec sa cigarette au coin des lèvres ?

Vous souvenez-vous des médailles en fer-blanc, des chevalets des vestiaires et du pédiluve ?

ET SURTOUT : QUI SE RAPPELLE ENCORE DU GOÛT DES FAMEUX HOT-DOGS DE CHEZ CASSAN ? 

Qui a sauté des plongeoirs ?

Qui a appris à nager ici avec le CNA, l’école ou le centre aéré de la Barthelasse ?

Et si vous avez des photographies personnelles de la piscine des années 1950, 1960, 1970 ou 1980, elles permettraient probablement de retrouver encore beaucoup de détails oubliés.


SOURCES DOCUMENTAIRES

Cercle des nageurs d’Avignon, histoire officielle du club : création du Club Sportif Nautique, arrivée de M. Cassan à la présidence en décembre 1945 et construction de la première piscine sur la Barthelasse, future La Palmeraie.

TEPAS – Territoire et patrimoine du sport, histoire des équipements nautiques avignonnais et de la première piscine de la Barthelasse.

Le Monde, biographie de Jean-Claude Malgoire : formation au hautbois auprès de Marien Cassan au Conservatoire d’Avignon.

Classique en Provence, biographie de Maurice Bourgue et souvenir de Marien Cassan, hautboïste de l’Orchestre municipal d’Avignon et professeur.

Le Dauphiné Libéré, 14 août 2025 : histoire récente de La Palmeraie, piscine historique datée de 1948 et rouverte en 2019.

Grand Avignon Tourisme / La Palmeraie, caractéristiques et exploitation actuelle du complexe de trois bassins.

Registre des entreprises, Piscine Olympique des Arènes / La Palmeraie, société créée en 1958 et anciennes directions familiales Cassan.

MÉMOIRE LOCALE

Compléments issus de témoignages publics et de souvenirs familiaux recueillis auprès d’habitants.

Certains détails — marque exacte de la cigarette, habitudes de M. Cassan ou souvenirs personnels — sont volontairement présentés comme des témoignages, et non comme des faits documentaires établis.

Place de l’Horloge à Avignon : le décor disparu

Place de l’Horloge à Avignon : le décor disparuLa place de l’Horloge à Avignon a tellement changé qu’en comparant certaines photographies anciennes avec la place actuelle, on pourrait presque croire qu’il s’agit de deux endroits différents.

 

Il y eut le gigantesque Monument du Centenaire et son lion, les voitures qui tournaient autour de la place, les garçons de café se faufilant dans la circulation, le Grand Bar du Centenaire, les petits commerces et tout un quartier qui allait être bouleversé par les grands travaux des années 1960.

Puis vinrent les démolitions du quartier de la Balance, les expropriations, la disparition de bâtiments familiers et, en 1975, le départ du Monument du Centenaire vers les allées de l’Oulle.

Mais l’histoire officielle ne raconte pas tout.

Elle ne dit pas qu’une Avignonnaise était apprentie chez M. Lelorrain, coiffeur à côté de la Civette.

Elle ne raconte pas les parties de loto dans un café aujourd’hui disparu.

Elle ne dit pas qu’un habitant passait devant tous les jours en revenant de l’école des Ortolans.

Elle ne raconte pas qu’une petite fille se demandait pourquoi le pâtissier Cotte ne s’appelait pas Gatto… et pourquoi le chemisier Gatto ne s’appelait pas Cotte.

Elle ne dit pas davantage qu’un Avignonnais se souvient avoir croisé l’écrivain André de Richaud en 1965 ou 1966.

C’est cette histoire-là aussi que nous avons voulu retrouver.

Au XIXe siècle, la place de l’Horloge est déjà le grand rendez-vous d’Avignon

Bien avant les terrasses et le carrousel actuels, la place de l’Horloge constituait déjà l’un des grands lieux de rencontre de la ville.

On y trouvait des administrations, des hôtels, des commerces et surtout de nombreux cafés.

La place de l’Horloge et, un peu plus tard, la rue de la République deviennent particulièrement associées aux grands cafés et brasseries de la ville.

On y venait boire, discuter, lire les journaux, jouer ou simplement regarder passer les gens.

Et certains noms aujourd’hui pratiquement oubliés apparaissent encore dans les documents du XIXe siècle.

En 1851, une lettre nous révèle l’existence du Café Genella

C’est une découverte particulièrement intéressante.

Le 15 février 1851, Wilhelm Bienmüller, graveur-lithographe et pionnier de la photographie, écrit depuis Avignon à William Henry Fox Talbot, l’un des grands noms des débuts de la photographie.

Au bas de sa lettre, il indique son adresse :

« Place de l’Horloge, Café Genella, Avignon. »

La lettre est aujourd’hui conservée dans la collection Fox Talbot de la British Library et sa transcription est publiée par le Talbot Correspondence Project.

Autrement dit :

LE CAFÉ GENELLA A BIEN EXISTÉ.

Ce n’est pas seulement un souvenir transmis oralement par une famille.

Et en 1854, Genella figure encore parmi les cafés réputés d’Avignon

Trois ans plus tard, un guide de voyage consacré notamment à Avignon énumère plusieurs cafés renommés.

Il cite le café Henri IV, Bugand, le Café de l’Univers, Genella et les Mille Colonnes.

Ce détail est important.

Car le Café Genella et le Café de l’Univers sont mentionnés séparément.

Il faut donc éviter de les confondre sans preuve supplémentaire.

Et justement…

En 1854 ouvre également le Café de l’Univers

Les Archives municipales d’Avignon racontent précisément l’histoire d’un autre établissement de la place.

En 1854, Bresset ouvre le Café de l’Univers à l’emplacement de l’ancien Café Thomas, sur le côté nord de la place de l’Horloge.

Peu après, Jean-Pierre Cœur rachète l’établissement.

Il devient alors le :

CAFÉ CŒUR.

Puis son histoire continue encore pendant près d’un siècle.

En 1942, il devient le Grand Bar du Centenaire

En pleine Seconde Guerre mondiale, nouveau changement de nom.

En 1942, l’ancien Café Cœur devient :

LE GRAND BAR DU CENTENAIRE.

Son nom fait référence au grand Monument du Centenaire qui se trouve alors sur la place.

Et le bâtiment ne passe certainement pas inaperçu.

Sa façade est couverte de riches sculptures.

Les Archives d’Avignon les attribuent à Étienne Cournaud père.

Ce café était tellement beau qu’on peine aujourd’hui à croire qu’il a été détruit

Les photographies anciennes montrent une façade particulièrement spectaculaire.

Pourtant, le bâtiment n’était pas protégé au titre des monuments historiques.

Et en 1969, dans le cadre de la rénovation de l’îlot P du quartier de la Balance :

LE GRAND BAR DU CENTENAIRE EST INTÉGRALEMENT DÉMOLI.

Les Archives municipales précisent que seuls deux atlantes provenant de la salle furent déposés dans un café du cours Jean-Jaurès.

Ils constitueraient ainsi les derniers vestiges matériels de ce grand café disparu.

Et voilà déjà une question :

QUI SAIT CE QUE SONT DEVENUS CES DEUX ATLANTES ?

« Que de parties de loto ! »

Mais les Archives nous racontent le bâtiment.

Les habitants, eux, racontent ce qui s’y passait.

Une ancienne Avignonnaise résume son souvenir en seulement quelques mots :

« Que de parties de loto. »

Voilà tout un monde qui ressurgit.

Les tables.

Les habitués.

Les discussions.

Les parties qui duraient.

Les gagnants, les perdants…

et probablement beaucoup de mauvaise foi autour des tables. 😄

Pour un enfant, ce café faisait simplement partie du chemin de l’école

Un autre habitant raconte quelque chose de beaucoup plus simple.

Il vivait dans le quartier de la Balance et, lorsqu’il revenait de l’école des Ortolans, il passait :

TOUS LES JOURS DEVANT LE CAFÉ.

Aujourd’hui nous regardons ce bâtiment comme un élément exceptionnel du patrimoine disparu.

Pour cet enfant, ce n’était pas du patrimoine.

C’était simplement :

le décor du chemin pour rentrer à la maison.

Les étudiants aussi s’y retrouvaient après les cours

Une autre Avignonnaise se souvient du lieu comme d’un rendez-vous après les cours.

Elle était étudiante au collège universitaire de la rue Joseph-Vernet et raconte que le café faisait partie des endroits où les jeunes se retrouvaient.

Ainsi, le même établissement apparaît dans plusieurs mémoires différentes :

les enfants passant devant,

les étudiants après les cours,

les joueurs de loto,

les habitués du quartier.

En 1965 ou 1966, un homme se souvient d’y avoir croisé André de Richaud

Et voici l’un des souvenirs les plus étonnants.

Un Avignonnais raconte :

« J’ai le souvenir d’y avoir croisé le grand écrivain André de Richaud, en 1965 ou 66. »

Il s’agit bien d’un témoignage personnel, et non d’un événement que nous pouvons actuellement confirmer avec un document indépendant.

Mais c’est précisément ce qui fait sa valeur.

Une photographie nous montre un café.

Un souvenir nous permet presque d’en rouvrir la porte.

Au milieu de la place se dressait un monument de 16 mètres

Il faut maintenant regarder au centre de la place.

Là où plusieurs générations connaissent aujourd’hui notamment le carrousel se dressait autrefois un gigantesque ensemble sculpté :

LE MONUMENT DU CENTENAIRE.

En 1890, la Ville attribue 30 000 francs à la réalisation d’un monument destiné à commémorer le rattachement d’Avignon et du Comtat Venaissin à la France.

Le projet est confié au sculpteur Félix Charpentier, assisté de Claude Férigoule.

Le monument est achevé en 1892.

Tout en haut se trouvait la République

L’ensemble est monumental.

Une allégorie de la République domine la composition à environ 16 mètres de hauteur.

À ses pieds se trouvent plusieurs sculptures symboliques.

Et parmi elles apparaît l’une des figures que les anciens Avignonnais ont le plus retenues :

UN ÉNORME LION.

Sur les photographies des années 1950 et 1960, impossible de le manquer.

Mais le lion ne représentait pas Avignon

C’est probablement l’un des détails les plus étonnants de toute cette histoire.

On pourrait naturellement penser que le lion représente la force d’Avignon ou le Vaucluse.

Pas du tout.

Selon la Ville d’Avignon :

LE LION SYMBOLISE LE SUFFRAGE UNIVERSEL.

Des générations d’enfants sont donc passées devant cet immense animal sans forcément savoir ce qu’il représentait.

Dans les années 1960, il faisait encore partie du quotidien

Une photographie donnée comme datant de 1960 provoque immédiatement des réactions.

Une habitante se rappelle « le monument avec son magnifique lion ».

Une autre remarque qu’à la place du carrousel se trouvait encore la statue du Centenaire.

Le monument faisait tellement partie du décor que beaucoup d’anciens Avignonnais associent encore immédiatement la place de leur enfance à sa silhouette.

Et les voitures tournaient autour de la place

Autre différence spectaculaire avec aujourd’hui :

ON CIRCULAIT EN VOITURE SUR LA PLACE DE L’HORLOGE.

Une habitante se souvient même qu’il était possible de monter en voiture jusqu’en haut de la place.

Les photographies anciennes montrent d’ailleurs automobiles et stationnement au milieu de ce décor monumental.

Un lecteur reconnaît immédiatement sur l’un des clichés :

UNE PEUGEOT 203.

Pour certains, ces voitures rappellent leur jeunesse.

Pour d’autres, elles montrent surtout combien l’hyper-centre était alors envahi par l’automobile.

Les garçons de café se faufilaient entre les automobiles

Mais un témoignage restitue mieux que n’importe quelle photographie l’ambiance de cette époque.

Une Avignonnaise raconte :

« Les voitures tournaient autour de la place et les garçons de café se faufilaient dans la circulation. »

Imaginez quelques secondes la scène.

Les terrasses pleines.

Les clients.

Les garçons avec leurs plateaux.

Une voiture arrive.

Le serveur attend quelques secondes puis traverse.

Une autre automobile passe derrière lui.

Aujourd’hui, un fonctionnement pareil au milieu de la place semblerait presque incroyable.

« J’étais apprentie chez M. Lelorrain, coiffeur à côté de la Civette »

Et les photographies réveillent également les anciens commerces.

Une Avignonnaise raconte :

« J’étais apprentie chez M. Lelorrain, coiffeur à côté de la Civette… souvenirs… »

Quelques mots seulement.

Mais tout réapparaît :

un patron,

une jeune apprentie,

un salon de coiffure,

les clients,

et la Civette juste à côté.

Voilà précisément le type de détail que l’histoire officielle oublie presque toujours.

Gatto, le chemisier, et Cotte, la pâtissière

Deux autres noms sont ressortis des souvenirs :

GATTO ET COTTE.

Et cette fois, la mémoire des habitants trouve une confirmation documentaire intéressante.

Les anciens registres d’entreprises référencés aujourd’hui indiquent au 2 rue de la République à Avignon une Chemiserie Gatto Chapel Bonnet et une activité de pâtisserie au nom de Louise Cotte.

Plusieurs habitants se souviennent effectivement du chemisier Gatto près de la pâtisserie Cotte.

Et une ancienne enfant raconte quelque chose d’adorable.

Lorsqu’elle était petite, elle ne comprenait pas pourquoi :

LE PÂTISSIER NE S’APPELAIT PAS GATTO… ET LE CHEMISIER COTTE ! 😂

Ce souvenir-là, aucun registre du commerce ne pouvait nous le donner.

Tout près se trouvait aussi l’ancienne Banque de France

Certains lecteurs ont également réussi à repositionner les anciennes photographies grâce à un bâtiment qui existe toujours :

l’ancien hôtel Calvet de la Palun, du côté de la rue du Puits-des-Bœufs et de la place du Palais.

La notice officielle du ministère de la Culture indique comme destination du bâtiment la Banque de France et précise que ses façades et toitures ont été classées Monument historique le 2 juin 1927.

C’est aujourd’hui un précieux point de repère pour comprendre ce qui a disparu autour de lui.

Puis arrive le grand bouleversement du quartier de la Balance

À la fin des années 1950 et au début des années 1960, le quartier voisin de la Balance devient l’un des grands dossiers urbains d’Avignon.

Une partie importante de l’habitat est très dégradée.

La municipalité d’Henri Duffaut souhaite une rénovation profonde.

Mais deux visions s’opposent.

D’un côté, ceux qui veulent démolir largement pour construire des logements modernes, des commerces et de nouveaux équipements.

De l’autre, ceux qui veulent conserver les maisons et rues présentant une valeur patrimoniale.

La biographie officielle d’Henri Duffaut publiée par le Sénat parle elle-même d’une « rénovation brutale » du vieux centre.

En 1961, l’affaire remonte jusqu’à Matignon

Le conflit devient suffisamment important pour dépasser largement Avignon.

En 1961, Matignon suspend les travaux.

Mais beaucoup a déjà disparu.

Selon le Sénat :

LES DEUX TIERS DU BÂTI CONCERNÉ AVAIENT DÉJÀ ÉTÉ DÉTRUITS.

En 1962, le ministère de la Culture refuse les nouveaux projets présentés par la municipalité.

Puis, en octobre 1964, le quartier est finalement sauvegardé par arrêté.

Pour les urbanistes, c’était une opération de rénovation

Mais pour les enfants de l’époque, les mots étaient différents.

Un habitant parle de :

« MES SOUVENIRS D’ENFANT EMPORTÉS »

par cette modernisation.

D’autres personnes écrivent encore aujourd’hui qu’elles ont connu les bâtiments disparus.

Ce ne sont évidemment pas des analyses historiques neutres.

Ce sont des souvenirs.

Mais ils révèlent quelque chose d’important :

lorsqu’une ville change, elle modifie aussi les repères personnels de ceux qui y ont grandi.

Une autre famille raconte avoir été expropriée du « Jean Bart »

Un dernier nom ressort des souvenirs familiaux :

LE JEAN BART.

Une personne raconte que ses grands-parents en étaient propriétaires et auraient été expropriés.

La documentation consacrée aux anciens cafés et bars-tabacs d’Avignon conserve bien la trace photographique d’un Bar-Tabacs Jean Bart.

En revanche, cela ne suffit pas encore à confirmer toute l’histoire familiale, sa localisation à la période concernée ni les circonstances précises de l’expropriation.

Voilà donc une nouvelle piste à creuser.

En 1969, le Grand Bar disparaît définitivement

Le bâtiment qui avait vu passer tant d’habitués, d’étudiants et probablement des milliers de parties et de conversations n’échappe finalement pas aux transformations.

En 1969, le Grand Bar du Centenaire est démoli lors de la rénovation de l’îlot P.

Il ne reste alors que les deux atlantes sauvés de la destruction.

Pour certains habitants, cette disparition reste encore aujourd’hui l’un des symboles les plus frappants de l’Avignon perdu des années 1960.

En 1975, le lion quitte lui aussi la place

Six ans plus tard, c’est au tour de l’autre grand repère du paysage de partir.

En 1975, le Monument du Centenaire est déplacé de la place de l’Horloge vers les allées de l’Oulle.

Contrairement au Grand Bar, il n’est donc pas détruit.

La République, le lion et les différents groupes sculptés existent toujours.

Mais la place de l’Horloge perd l’immense silhouette qui l’avait occupée pendant plus de huit décennies.

Était-ce vraiment mieux avant ?

Comme presque toujours devant les photographies anciennes, deux visions s’opposent.

Certains habitants parlent d’une douceur de vivre disparue.

D’autres regardent les mêmes clichés et voient surtout :

des voitures partout dans l’hyper-centre.

Une habitante dit même clairement préférer l’organisation actuelle.

Et finalement, les deux sentiments peuvent parfaitement coexister.

On peut regretter :

un café magnifique,

des commerces disparus,

un décor monumental,

des souvenirs d’enfance…

sans nécessairement souhaiter remettre des dizaines de voitures entre les tables des terrasses.

Ce que les archives ne peuvent pas raconter

Les archives peuvent nous donner :

1851, 1854, 1892, 1942, 1961, 1964, 1969, 1975.

Elles nous donnent les noms des cafés, les dates des travaux, les architectes, les sculpteurs et les décisions administratives.

Mais elles ne racontent pas :

l’enfant qui passait tous les jours devant le Grand Bar en revenant de l’école des Ortolans ;

les interminables parties de loto ;

les étudiants qui s’y retrouvaient après leurs cours ;

l’homme qui se souvient avoir croisé André de Richaud en 1965 ou 1966 ;

la Peugeot 203 immédiatement reconnue sur une vieille photographie ;

les garçons de café qui se faufilaient entre les automobiles ;

la jeune apprentie de M. Lelorrain, le coiffeur près de la Civette ;

le chemisier Gatto ;

la pâtisserie Cotte ;

la petite fille qui trouvait leurs noms complètement inversés ;

les grands-parents qui auraient tenu le Jean Bart avant leur expropriation ;

ou les enfants dont les anciens bâtiments étaient simplement :

LE DÉCOR DE LEUR VIE.

C’est pourtant avec ces petits détails que se construit la véritable mémoire d’une ville.

Avignon a changé… mais les souvenirs n’ont pas disparu

Le Grand Bar du Centenaire n’existe plus.

Le lion a quitté la place.

Les voitures ne tournent plus autour des garçons de café.

M. Lelorrain ne coupe plus les cheveux près de la Civette.

Gatto et Cotte ont disparu du paysage commercial.

Et une grande partie du quartier que connaissaient les enfants des années 1950 et 1960 a été profondément transformée.

Pourtant, dès qu’une vieille photographie réapparaît, quelqu’un écrit :

« Je me souviens. »

Un autre reconnaît une voiture.

Une dame retrouve le nom d’un commerçant.

Quelqu’un se rappelle le chemin de l’école.

Une autre personne se souvient des lotos.

Et, petit à petit, autour d’une simple carte postale…

UNE VILLE DISPARUE RECOMMENCE À VIVRE.

QUESTIONS AUX LECTEURS

Qui a connu personnellement le Grand Bar du Centenaire avant sa démolition en 1969 ?

Qui se rappelle encore des parties de loto ?

Qui connaissait M. Lelorrain, coiffeur près de la Civette ?

Qui se souvient de Gatto et de la pâtisserie Cotte ?

Quelqu’un possède-t-il des renseignements ou photographies sur le Jean Bart et ses anciens propriétaires ?

Et surtout :

QUI SAIT CE QUE SONT DEVENUS LES DEUX ATLANTES SAUVÉS DU GRAND BAR DU CENTENAIRE ?

SOURCES DOCUMENTAIRES

Archives municipales d’Avignon, exposition numérique Épatant patrimoine : Café Thomas, Café de l’Univers, Café Cœur, Grand Bar du Centenaire, sculptures d’Étienne Cournaud, démolition de 1969 et sauvegarde des deux atlantes.

Ville d’Avignon : Monument du Centenaire, Félix Charpentier, Claude Férigoule, symbolique du lion et déplacement aux allées de l’Oulle en 1975.

Sénat, biographie d’Henri Duffaut : rénovation du quartier de la Balance, suspension des travaux en 1961 et sauvegarde du secteur en 1964.

Talbot Correspondence Project / British Library : lettre de Wilhelm Bienmüller du 15 février 1851 portant l’adresse « Place de l’Horloge, Café Genella, Avignon ».

Guide de 1854, mention des cafés de l’Univers et Genella parmi les cafés renommés d’Avignon.

Ministère de la Culture – POP, ancien hôtel Calvet de la Palun / Banque de France.

MÉMOIRE LOCALE

Compléments issus de témoignages publics et de souvenirs familiaux recueillis auprès d’habitants.

Étoile de Cavaillon : histoire du polyèdre de la place Gambetta

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